Le GIEC est certain à 95 % que l’Être humain est la première cause du réchauffement planétaire actuel. Un réchauffement qui serait fatal à tous les êtres vivants de la planète et entraînerait la disparition de l’espèce humaine… Face à l’urgence de la situation, la communauté internationale se retrouve tous les ans autour de la COP pour discuter des solutions à mettre en place afin de ralentir ce phénomène. Des discussions dont l’efficacité reste toujours à prouver, puisque chaque nouvelle année est un nouveau record dans les émissions de CO2. Malgré toutes ces tentatives, beaucoup ont considéré le combat climatique comme un combat perdu d’avance. Rien, pas même la peur d’un futur incertain n’a réussi à entraver la soif de croissance et les émissions de CO2 qui l’accompagnent…

 

Rien ? Et pourtant, la pandémie du coronavirus, en l’espace de quelques semaines, nous a obligés à prendre des mesures draconiennes et à les appliquer en un temps record. Des mesures prises dans un seul et unique but: protéger notre santé, même si cela doit se faire aux dépens de l’économie. Il semblerait ainsi qu’un virus de quelques nanomètres aurait mis la mondialisation en stand-by. Alors que beaucoup le croyait impossible, la décroissance a pourtant commencé.

 

A l’heure où nous sommes confinés, la nature, elle, en profite pour souffler un peu. Les eaux de Venise s’éclaircissent. Les dauphins se rapprochent des côtes de Sardaigne. La biodiversité marine réinvestit le parc national des Calanques. Le nombre d’oiseaux, de batraciens et de mammifères victimes de nos transports est en chute libre. Nos émissions de gaz à effet de serre ralentissent. Rien qu’à Paris, après 9 jours de confinement, la qualité de l’air s’est améliorée de 20 à 30 % suite à une baisse de plus de 60 % d’oxydes d’azote. L’air se purifie. Les oiseaux se remettent à chanter…. Ou peut-être que nous prêtons désormais plus d’attention à leur chant. Un chant d’espoir. Un chant qui nous dit que tout n’est pas perdu et qui nous remercie pour ce retrait provisoire.  

 

Si la nature reprend son souffle, pour nous, cette période de crise peut s’avérer difficile à vivre. Nous avons peur pour notre famille, pour nos amis. Nous admirons avec un sentiment d’impuissance le corps médical qui se bat quotidiennement pour sauver des vies. Nous redoutons les conséquences économiques qui suivront. Nous sommes dans l’incertitude, contraints de vivre au jour le jour. Contraints de rester chez nous. De nous confiner. Contraints d’accepter et de nous adapter à une situation que nous n’avons pas choisie. Contraints de subir ? Non. Nous avons la possibilité de choisir. A nous seuls appartient le choix de sortir plus forts de cette crise ou de la laisser nous submerger. 

 

Le Covid-19 cause des dégâts sanitaires et humains considérables, mais il n’est pas en guerre contre nous. Nous pourrions le voir comme un parent sévère qui vient nous rappeler à l’ordre sans ménagement afin de nous remettre sur le droit chemin et de rééquilibrer notre relation au monde. Car si cette pandémie fait aujourd’hui des dizaines de milliers de victimes, ce sont 7 millions d’entre nous que la pollution emporte chaque année.

 

 Alors que nous menions des vies à 1000 km à l’heure, aujourd’hui, la majorité d’entre nous a été contrainte de ralentir le rythme. Si le confinement nous permet de protéger notre santé, il nous offre également une denrée rare : du temps. Alors, plutôt que de nous abandonner à l’ennui et à la peur, profitons-en pour changer nos habitudes du quotidien et nous tourner vers des pratiques plus durables. De la même façon, au lieu de nous laisser aller à des comportements individualistes engendrés par la panique, multiplions les élans de solidarités. Ainsi, posons-nous les bonnes questions : qu’est-ce qui compte vraiment ? Quel sens voulons-nous donner à notre vie ? Comment vivre ce confinement avec plus de positivité ?

 

Enfin, voyons cette décroissance comme une opportunité de changer le cours de notre destin qui, semble-t-il, était voué aux flammes du réchauffement. L’opportunité de transmettre aux générations futures une planète plus propre et où il fera tout aussi bon de vivre. L’opportunité de vivre une vie plus simple et mieux connectée à ce qui nous est essentiel. En somme, l’opportunité de prendre notre vie entre nos mains et de changer durablement le cours des choses.

 

 Sources:

La pollution de l’air tue 7 millions de personnes par an dans le monde, alerte l’OMS. (2018, mai 2). Le Monde.fr. https://www.lemonde.fr/planete/article/2018/05/02/la-pollution-de-l-air-tue-7-millions-de-personnes-par-an-dans-le-monde-alerte-l-oms_5293076_3244.html

Coronavirus : Les effets bénéfiques du confinement pour l’environnement. (2020, mars 25). RFI. http://www.rfi.fr/fr/science/20200325-coronavirus-france-effets-positifs-environnement-confinement