Si pour nous autres bipèdes, la vision du soleil printanier venant doucement dorer nos mollets blanchâtres nous ravit, pour les oiseaux, le printemps s’apparente plutôt à un véritable marathon !

« Désolé Robert ! Pas le temps de discuter autour d’un ver, là faut que je trouve une copine, que je la convainque que je suis le plus beau et le plus fort, qu’on trouve un endroit qui lui convienne pour construire notre nid douillet et qu’on passe à l’action pour mettre en route la future génération de pigeons ! »

Et oui, la saison des amours n’est pas de tout repos pour nos amis à plumes. Sans compter que la perte de leur habitat et nos adorables boules de poils aux griffes acérées ne leur facilite pas la tâche… Car si certains ont réussi à s’adapter à notre mode de vie, d’autres comme les mésanges ont bien du mal à accomplir leur mission de reproduction. Et pourtant, quelques petites heures de bricolage pour leur fabriquer un petit nichoir peuvent leur donner un sacré coup d’aile ! Et croyez-le, elles nous le rendront bien !

Il y a de multiples raisons de donner envie aux mésanges de venir s’installer dans son jardin. Pas besoin d’être un ornithologue aguerri… il suffit de laisser tomber les produits chimiques et de laisser la nature se charger d’entretenir votre jardin. Car en effet, véritables auxiliaires de culture, les mésanges sont de formidables alliés dans la lutte biologique. Sous leur joli plumage coloré, se cache un appétit d’ogre destiné à fournir suffisamment d’énergie pour animer cette petite silhouette dynamique. Lorsque les petits sont nés, un couple de mésange peut leur apporter jusqu’à 500 insectes par jour. Et lorsque les parents tombent sur un nid de chenilles processionnaires, c’est le jackpot !

S’ils sont bien placés et correctement élaborés, les nichoirs artificiels sont volontiers adoptés par les mésanges. Mais avant de s’armer de sa scie et de son marteau pour confectionner le nichoir idéal, voici 10 conseils à avoir en tête pour transformer votre jardin en véritable petit paradis pour mésange :

 

Conseil n°1 : Si possible, placer le nichoir avant l’hiver !

Même si la période de reproduction ne commence qu’en avril, il est conseillé d’installer le nichoir le plus tôt possible. Ce qui sera très apprécié par les petits locataires qui y trouveront refuge lors des rudes nuits hivernales. Cela leur permettra également de repérer les lieux. Il a été prouvé que les oiseaux qui ont la chance d’être domiciliés en hiver, survivent en plus grand nombre que les autres et élèvent plus de petits. Mais pas de panique ! Si votre nichoir n’est toujours pas installé, il est encore possible de le faire ! Certains couples n’ont malheureusement pas encore pu faire de couvée face à cette crise du logement… alors, s’il est bien réalisé et correctement placé, votre nichoir a de fortes chances d’être pris d’assaut (parfois en 24h seulement) et ce jusqu’en juillet !

Conseil n°2 : Placez le nichoir à 2,5 m du sol sans accès aux prédateurs !

Le mieux étant de fixer le nichoir à un endroit où il ne sera pas accessible par les chats, redoutables prédateurs. On évitera donc de positionner le nichoir juste au-dessus d’une branche, ou près d’un toit. A défaut d’un arbre adapté, vous pouvez toujours placer votre nichoir en haut d’un poteau en bois, solidement planté dans le sol. Bien que ces dernières préfèreront le calfeutrage des feuilles d’un arbre.

Conseil n°3 : Un nichoir bien orienté est un nichoir qui a plus de succès !

Si nous autres bipèdes privilégions pour notre appartement une orientation Sud-Ouest, c’est celle que nous éviterons pour nos locataires à plumes. Pour empêcher le froid et la pluie de pénétrer dans le logement et de créer un dégât des eaux, évitez l’orientation Ouest, surtout s’il ne s’agit pas d’un nichoir à balcon. Il en va de même pour l’orientation plein Sud si vous ne voulez pas que la couvée se termine en œuf à la coque.

Conseil n°4 : Le camouflage sans produits chimiques !

L’idéal serait que votre nichoir se fonde le plus possible dans le décor. Certains bois en fonction de leur couleur naturelle seront donc à privilégier en fonction des essences qui composent votre jardin. Quoi qu’il en soit, ne peignez jamais votre nichoir avec des peintures chimiques. Au mieux, votre logement sera directement blacklisté, au pire, il intoxiquera les désespérés s’étant risqué à le choisir.

Conseil n°5 : En hiver, au gîte associez le couvert !

N’apportez de la nourriture aux oiseaux pour les aider à subvenir à leurs besoins qu’en hiver, les insectes étant beaucoup moins abondants. Graines de chanvre, de lin et boules de graisse (sans filet plastique !) seront fortement appréciées ! Et si vous poussez votre sens de l’accueil à son paroxysme, vous pouvez toujours au printemps garder les poils de vos animaux de compagnie et les disposer dans une mangeoire à proximité de votre nichoir ! Les oiseaux seront ravis de s’en servir pour élaborer leur nid douillet.

Conseil n°6 : De l’eau à disposition !

Comme toute vie sur terre, les mésanges ont besoin d’eau pour s’abreuver et faire de temps à autre un brin de toilette. Si votre jardin n’en dispose pas, placez une vasque ou coupelle suffisamment grande et peu profonde en hauteur. C’est également un vrai plaisir que de les voir s’ébrouer.

Conseil n°7 : Les nichoirs doivent suffisamment être espacés les uns des autres !

En plus d’être exigeantes, ces espèces sont territoriales. Il sera donc important de laisser aux couples suffisamment d’espace pour ne pas que la perspective d’une concurrence trop agressive les incite à aller voir ailleurs. Pour les mésanges bleues, les nichoirs devront être placés à 15-20 m les uns des autres et 40 à 50 mètres pour la mésange charbonnière. 

Conseil n°8 : A chacun son trou !

Si les mésanges charbonnières sont les plus communes, certains d’entre nous aurons aussi la chance de trouver dans leurs jardins des mésanges bleues, huppées, à longue queue, noires ou encore nonettes. Seulement voilà, s’il y a compétition au sein d’une même espèce, il y en a aussi entre les différentes espèces. Ainsi, il n’est pas rare de voir une mésange charbonnière s’approprier le nid de sa cousine bleue de taille plus petite, en recouvrant les œufs d’une nouvelle garniture avant de pondre à son tour. Pour éviter l’injustice d’un délogement opportuniste, il suffit de faire une ouverture de 27 à 28 mm pour la mésange bleue, trop petite pour accueillir la charbonnière qui aura besoin d’une ouverture de 32 mm. Comme ça chacune chez elle et pas de jalouse !

Conseil n°9 : Ne JAMAIS vérifier si votre logement est habité !

Et ce même si vous n’avez pas observé de mouvement près du logement ! Les mésanges peuvent être très discrètes et faire leur nid à l’abris des regards. Mais si elles sont dérangées, elles risquent d’abandonner leur couvée, et dans le cas où les petits sont nés, ils peuvent par panique quitter le nid trop tôt, se retrouvant à la merci des prédateurs. Alors, même si la curiosité vous pique, préférez la patience et l’observation de loin pour déceler si oui ou non, vous avez cette année des locataires.

Conseil n°10 : Un nettoyage automnale indispensable !

Vers septembre-octobre, retirez le nid. Les oiseaux ne le réutiliseront pas, en revanche il pourrait attirer les parasites et être vecteur de maladie. Pour bien faire, il faudra aussi brosser l’intérieur avec une brosse métallique. Et pour les maniaques de la propreté, on pourra passer un coup de chalumeau ou badigeonner l’intérieur d’essence de thym ou de serpolet. Profitez-en pour faire le tour du propriétaire et vérifier qu’aucun travaux de maintenance n’est à effectuer (bois pourri, attaches solides, fil de fer rouillé…).  

Bonus : Le nec plus ultra de l’hébergement…

Et si vous voulez être élu meilleur hôte de l’année, plantez un sureau noir sur votre terrain. Arbre à croissance rapide, il attire des insectes spécifiques qui n’iront pas sur les autres végétaux et dont les mésanges sont friandes. C’est LE détail qui finira de les convaincre que votre terrain est… THE PLACE TO BE pour élever la future génération !

Sources:
Les mésanges mangent les chenilles processionnaires—Oisillon. (s. d.). Consulté 19 mai 2020, à l’adresse https://www.oisillon.net/fr/content/44-les-mesanges-mangent-les-chenilles-processionnaires
Nos formidables alliés en lutte biologique—La mésange. (s. d.). Consulté 19 mai 2020, à l’adresse https://www.consoglobe.com/allies-en-lutte-biologique-mesange-cg
https://www.lahulotte.fr/img_lh/pdf/notice_nichoir.pdf
Refuges LPO – Agir pour la nature de proximité. (s. d.). Consulté 19 mai 2020, à l’adresse https://refuges.lpo.fr/
malo. (2018, mai 28). 🐦 Oiseaux du jardin : Nichée de mésanges bleues. Les Jardins de Malorie. https://lesjardinsdemalorie.be/nichee-de-mesanges-bleues/