Vous aussi vous avez entendu parler des « remèdes miracles » contre ce fameux plastique qui pollue les océans ? Les plastiques biodégradables, biosourcés, ou encore oxo-dégradables sont en effet très à la mode. 

La première idée qui nous traverse alors l’esprit est : « Chouette ! du plastique bio ! Je jette les sachets au fond du jardin et finito on n’en parle plus ! ». Mais si on écoute la petite voix du bon-sens qui résonne dans notre tête, on se dit : « euh… plastique et bio : c’est marrant ça sonne un peu comme déforestation écologique ou sushis africains…». 

Car ne nous méprenons pas, le préfixe « Bio » n’a rien d’aussi naturel et inoffensif qu’il n’y paraît. La réalité est quelque peu plus compliquée ! Mais alors, que veulent dire ces termes ambiguës ? Qu’est-ce qu’ils impliquent ? Nous allons tenter d’apporter un peu de clarté à tout cela… 

 

o   Plastique biodégradable

Un produit biodégradable signifie qu’il peut se décomposer sous l’action de micro-organismes (bactéries, champignons, algues, etc.). Pour que le produit se dégrade entièrement, des conditions spécifiques sont requises en matière d’oxygène, de température, d’humidité, de structure du matériau, etc. Il existe également des plastiques biodégradables à la maison (plastiques compostables) ou en milieu marin.

Les limites des plastiques biodégradables

→ Certains plastiques biodégradables requièrent des installations industrielles spécifiques pour pouvoir se dégrader. Or, toutes les régions et municipalités ne sont pas équipées de ce type d’infrastructure. Dès lors, ces plastiques biodégradables seront voués à être incinérés, enfouis, ou relâchés dans la nature… 

→ Comme nous venons de le voir, afin de pouvoir se dégrader, une matière biodégradable nécessite des conditions spécifiques. Ainsi, un sac en plastique biodégradable enfoui dans le sol (comme c’est le cas pour la plupart de ces plastiques) aura très peu de chance de se dégrader naturellement et rapidement. Au contraire, il aura tendance à émettre des gaz toxiques et à contaminer son environnement.

→ Les plastiques compostables à la maison peuvent prendre jusqu’à un an pour se dégrader.

→ Quant aux plastiques compostables en milieu marin, leur efficacité en matière de décomposition n’a pas encore été prouvée. Mais il paraît bien évident que ces derniers auront toujours un certain impact sur la vie marine.

  

o   Plastique biosourcé

Un plastique biosourcé est un plastique issu du vivant. Il sera donc fabriqué de matières organiques végétales (blé, colza, lin, chanvre, etc.) souvent combinées à des matières fossiles.

 Les limites des plastiques biosourcés 

→ Moins de 40% des plastiques biosourcés sont conçus pour être biodégradables. En d’autres termes, ils ne se décomposent pas en un claquement de doigts!

→ La production de matières biosourcées dépend d’une agriculture industrielle intensive en produits chimiques. 

 

Attention ! Petite subtilité intéressante : un produit biosourcé n’est pas forcément biodégradable. Tout comme un produit biodégradable n’est pas toujours biosourcé.

 

o   Oxo-dégradable

Un produit oxo-dégradable est constitué à partir de polymères (molécules de plastique) auxquels on ajoute des additifs chimiques permettant au plastique de se fragmenter en micro-particules sous certaines conditions (lumière, chaleur, oxygène, etc.). Ce produit n’est ni biodégradable ni compostable selon les normes européennes.

Les limites des plastiques oxo-dégradables ?

→ Un produit oxo-dégradable, si rejeté dans la nature, libérera donc des micro-particules de plastique non assimilables par les micro organismes. Dès lors, il contaminera les terres et les mers.

En conclusion, il n’est pas toujours facile de distinguer les différents types de bioplastiques et de savoir ce qu’il faut en faire après leur utilisation. Cela arrange d’ailleurs bien ceux qui ont intérêt à laisser planer le doute en ménageant notre conscience afin de nous pousser à continuer à consommer sans trop nous poser de questions. 

Mais bien souvent, la durée d’utilisation d’un emballage plastique est très courte. On ne les utilise que pour quelques minutes à peine, comme c’est le cas des sacs plastiques à usage unique, le temps de transporter des marchandises du magasin à la maison. Alors qu’en parallèle, leur temps de dégradation et leurs impacts sur l’environnement sont démentiels… Cela nous pousse à nous demander : l’utilisation que l’on fait des plastiques et des bioplastiques, vaut-elle vraiment tous ces sacrifices que l’on inflige impunément à Dame Nature ?    

Posons-nous les bonnes questions. Et cherchons à percevoir si l’achat ou l’utilisation du produit en question en vaut vraiment la peine… Car c’est une fois jeté que, bien souvent, la longue et fastidieuse aventure pour ces bioplastiques commence ! 

 

Alors… quelles sont les solutions ?  

Lors des courses, pensons à anticiper ! Il est très facile d’avoir toujours sur soi quelques sacs de courses réutilisables.

Cherchons à identifier les magasins et marchés proches de chez nous qui vendent leurs produits en vrac !

Lorsque nous allons chez notre fromager/boucher/épicier/boulanger… pensons à prendre avec nous nos tupperwares ! 

→ On peut même fabriquer ses propres sacs de course si on aime bien coudre !

Les bocaux en verre sont également d’excellents substituts au plastique pour y stocker les légumineuses, céréales, café, boissons, etc.

 

Enfin, gardons à l’esprit que le meilleur emballage reste celui qui n’existe pas !

 

 

Sources:

Zero Waste France

https://www.zerowastefrance.org/wp-content/uploads/2018/10/201810_infographie-bioplastiques-zwf.pdf

 Biologique, biosourcé, biodégradable, ce n’est pas la même chose ! (s. d.). Consulté 10 décembre 2019, à l’adresse ADEME website: https://www.ademe.fr/particuliers-eco-citoyens/produits-ecoresponsables/dossier/questions-conso/biologique-biosource-biodegradable-nest-meme-chose

 ADEME. Les fiches techniques. (2016).

https://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/fiche-technique_plastiques_biodegradables-201611.pdf